28 avril 2008

Le livre noir du libéralisme « perdu »

La bureaucratie est-elle soluble dans la Norme ISO 9001:2000 ? La question s’adresse au directeur de la bibliothèque municipale de Pau et à ses supérieurs de la Communauté d’agglo. Voici l’aventure qui m’amène à la poser.

Donc je m’intéressais au dernier livre de Pierre Larrouturou, « le livre noir du Libéralisme », éditions du Rocher, sorti en 2007. Larrouturou cherche à réveiller le parti socialiste. Nous sommes justement dans une municipalité socialiste…

Il y a un mois, je demande ce livre. La réponse est : « il est en préparation ». C'est-à-dire qu’on lui colle un numéro et une étiquette. Bien, en attendant je prends un autre livre de Larrouturou, « Du temps pour vivre », un livre dans lequel il défend ardemment la semaine de 4 jours… et critique la manière dont les 35 heures ont été mises en application.

Le mois passé, je rapporte « Du temps pour vivre » et demande « Le livre noir du libéralisme », du même auteur. Sur l’écran de l’ordinateur, l’employé du 2° étage vérifie que le livre est disponible… mais ne le trouve pas sur le rayon où il est supposé être. Il m’envoie vers ses collègues du au rez-de-chaussée, qui ne le trouvent pas non plus.

- Alors, qu'allez-vous faire ? demandais-je.

- Bien, nous allons le déclarer "perdu" dans l'informatique.   

- Bi- C'est tout ? Vous ne cherchez pas à comprendre pourquoi il a disparu entre l’opération d’étiquetage et la mise à disposition au public ?

Ma question surprend : pour les deux employés du rez-de chaussée et du 2° étage, réunis par mon insistance, c’est tellement évident : le livre est perdu. Point.   

Finalement, pour me faire plaisir, l’un d’eux me dit : « Si on le retrouve on vous appelle. » Je laisse mon numéro de téléphone… et le lendemain il me téléphone et me dit, tout à fait satisfait de l’avoir retrouvé : le livre était en exposition, dans les « nouveautés »…   Je n’ai plus qu’à aller le chercher, pour la troisième fois.

Je me pose la question que j’aurais bien voulu que les employés se posent : Comment perdre la trace d’un livre ? Peut-être que le système informatique ne prévoit pas le cas où justement le livre est mis en exposition ? Il faudrait alors demander à le modifier. Mais il semble bien qu’une telle initiative ne soit pas dans les mœurs.

 Ou bien est-ce pour toute autre raison que je ne connais pas.  

Finalment Larrouturou, membre du PS, fait une démonstration convaincante, du moins pour un profane de l’économie. Mais je pense qu’il doit avoir raison : la semaine de 4 jours n’est pas seulement possible, c’est économiquement un excellent outil pour dynamiser notre pays. Certainement pas le seul. Et il souhaiterait que le PS s’empare de cette idée.   

Larrouturou, qui a du talent, devrait écrire un autre livre : le livre noir de la bureaucratie française. Je suis prêt à lui donner quelques autres exemples du même acabit et quelques idées. Je suis prêt aussi à expliquer comment une approche méthodique peut changer les mentalités, comment une analyse des processus, quels qu’ils soient, y compris dans la gestion d’une bibliothèque, permet d’identifier toutes les étapes des processus, et les responsabilités de chacun. Ma « semaine de 4 jours » s’appelle « Norme ISO 9001 :2000 ».   

Posté par Palois à 11:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Le livre noir du libéralisme « perdu »

    Bulletin des Bibliothèques de France

    Cet article m'a valu un message personnel d'un(e) lecteur/lectrice qui m'indiquait gentiment l'adresse d'un article du BBF (Bulletin des Bibliothèques de France) sur un colloque en Aquitaine, en 2007, autour des méthodes de classement et d'identifications des documents. Les bibliothécaires échangeait sur les qualités des différents systèmes. Le directeur de la future MIDR de Pau y parlait d'un nouveau système spécifique à la gestion des ouvrages de cette MIDR paloise. Inquiétant...

    Posté par AutochtonePalois, 28 avril 2008 à 16:43 | | Répondre
  • "échangeaient"

    Posté par AutochtonePalois, 28 avril 2008 à 16:44 | | Répondre
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